lundi 6 avril 2009

"Les Marins font la mode"


Exposition au Musée de la Marine de Paris - du 25 février au 26 juin 2009


On aurait pu penser que le sujet serait superficiel, mais le Musée de la Marine en a fait une grande exposition. Pour rejoindre les salles d’exposition, le visiteur est tout d’abord charmé de traverser les salons de maquettes du musée, de passer devant la galère napoléonienne devant une figure de proue immense à l’effigie du Roi Henri IV le Vert Galant. A la fin de l’exposition, il n’en ressortira pas moins ravi d’avoir été surpris et émerveillé.
Pour commencer, nous arrivons face à des marins au garde-à-vous sur leur podium pour présenter l’histoire de l’uniforme. Nous retrouvons avec émotion le pompon porte-bonheur, la marinière rayée, le sac de toile écru. C’est bien joli de découvrir aussi l’uniforme de la première femme contre-amiral et de ses aventures de tricorne, mais la mode semble bien loin : pour nous uniforme rime avec tout… sauf avec « fashion-victims ». Et pourtant ! Il fallait admirer ces galons pour comprendre et savourer la suite. Posons pied à terre. Devant nos yeux s’étalent des vêtements d’enfants dignes des cartes postales du début du siècle dernier : chapeaux de paille aux longs rubans, robes rayées, blouses à grand col, blazers croisés... On les apercevait au jardin du Luxembourg comme les dimanches de mai sur les parvis des églises envahis de premiers communiants.
Les mamans ne sont pas en reste et rattrapent vite leurs enfants. On rit devant les aquarelles, les gravures de mode, et les vidéos d’époque. On se prend à rêver de l’été en admirant les costumes de bain de jersey ou de coton. La plage en 1900, voilà mon genre de beauté ! Finis le topless et les bikinis !
Une des qualités de l’exposition est la variété des supports proposés à nos sens. L’œil ne se lasse jamais, allant du mannequin à l’écran où est projeté des extraits de films « Querelles » ou « Un jour à New-York », en passant par les exemplaires de « Vogue », les affiches de recrutement de la marine, les bande-son diffusant du Brassens, du Piaf ou de l’Axel Red. Le parcours muséographique y est rondement mené, la scénographie riche et finement agencée. Du pont du navire, l’uniforme monte sur le podium du défilé haute-couture. Celui-ci sépare les idées reçues sur le marin et ce qu’en ont fait les créateurs. Le marin tatoué, héroïsé, aventurier ou mauvais garçon inspire pour créer et décliner une garde-robe marine. Que ce soit Gaultier, Castelbajac ou Givenchy, ils ont repris d’une manière décalée le bachi, la marinière rayée traditionnellement de 22 rayures bleues, la vareuse et le caban, le pantalon à pont et le ciré jaune. Dans ce défilé mis en scène par Loretta Gaïtis, personne ne s’étonne d’y admirer les œuvres de Chanel, Yves Saint-Laurent et Jean-Paul Gaultier, mais d’avantage les créations de Tsumori Chirato comme cette sympathique robe-ancre, une grande armada de 35 tenues sous les projecteurs.
L’océan nous enivre, la marine nous séduit toujours, embarquez !
Les G.O.

Bonaparte et l’Egypte, feu et lumières

Bonaparte et l’Egypte, feu et lumières

« Du haut de ces pyramides 40 siècles nous contemplent ». Non Napoléon ne s’est jamais exclamé ainsi vous le savez. Cela ne nous a pas empêchés de nous rendre à l’exposition dédiée à ce mythe de l’histoire de France qu’est Napoléon I er à l’Institut du Monde Arabe.(jusqu'au 28 mars 2009)

L’exposition nous invitait à plonger dans un siècle de relations franco-égyptiennes. Chronologiquement, elle s’inscrivait entre les naissances de Napoléon et de Muhammad Ali en 1769 et l’ouverture du canal de Suez en 1869.

L’ouvrage réalisé à la suite de l’ »Expédition » par les savants qui accompagnaient la Grande Armée sert de fil directeur au parcours muséographique. On retrouve des planches de la Description de l’Egypte en papier-peint comme décor ou dans les vitrines nous présentant faune et flore exotiques.

On découvre donc l’Egypte telle que les Français ont pu le faire en 1798, sa géographie, ses monuments, sa politique et sa société. Avec Napoléon nous débarquons enfin pour observer à travers l’œil avisé des peintres Lejeune ou de Gros les grandes batailles de la campagne, Le Caire…, Les Pyramides..., Aboukir. Nous passons discrètement sous les yeux de mamelouks avant de rire malgré tout devant les caricatures anglaises de notre empereur.

La vision de l’expédition napoléonienne est ainsi renouvelée. Au-delà de la défaire militaire qui nous reste encore au travers de la gorge, cet éminent événement historique fut à l’origine de nombreux et échanges entre les deux nations. L’originalité du choix des commissaires fut d‘instaurer un regard croisé sur tous ces échanges qu’ils soient économiques et commerciaux, politiques, scientifiques ou artistiques. En effet ils ont obtenu la collaboration de spécialistes à la fois français et égyptiens pour contribuer aux connaissances scientifiques de l’exposition.

C’est grâce à l’expédition que la France comme l’Egypte ont pris conscience de la richesse du patrimoine égyptien et qu’elles ont voulu le mettre en valeur. En raccourci nous pourrions dire ; sans Napoléon pas de Vivant-Denon ! pas de Champollion !bref pas d’égyptologie.

L’Egypte a fasciné l’occident et tout particulièrement la France jusqu’à s’insérer dans la peinture, la littérature, les arts décoratifs, la vaisselle, l’architecture, les arts du spectacle. On se dit que nous-mêmes serions aussi tentés par cette égyptomanie. C’est promis en sortant on filera place de la Concorde admirer encore cet obélisque dont on a observé l’installation sur des aquarelles. On ira peut-être à la recherche de statuettes de dromadaires ou de sphinx aux antiquaires du Louvre. Et oh! qu’on aimerait retourner en 1909 pour admirer Ida Rubistein en Cléopâtre dans les bras de Nijinski ( plutôt que de courir voir la nouveauté de Kamel Ouali).

M.R.

« Controverses » ou le regard des sociétés sur les images de leur temps.

Le BNF présente du 3 mars au 24 mai une exposition de photographies originale et rare. Cette exposition eut lieu au musée de l’Elysée de Lausanne avant de venir à Paris.

Quatre-vingt photographies sont exposées chronologiquement depuis le début du XIX e siècle jusqu’en 2006. Dès ces premiers jours, la photographie a été l’objet de discussions, d’affaires judiciaires ou de polémiques. Les commissaires de l’exposition, Christian Pirker, avocat au barreau de Genève et Daniel Girardin (conservateur du musée de l'Élysée de Lausanne), ont voulu montrer des photographies très bien mises en valeur par des cadres, eux-mêmes choisis avec soin pour chacune, et mises en avant par des socles ; un texte à côté en arrière-plan raconte leur histoire. Voici donc des photographies et leurs petites histoires. Nous découvrons leur création, leur diffusion, leur réception par le public, leurs déboires…On y trouve des clichés célèbres : la photo emblématique pendant la Guerre du Viêt Nam de la petite fille de Trang Bang brûlée au Napalm courant nue sur le bitume, et d’autres inconnus : la photo par Marc Garanger d’une Algérienne « dévoilée » pour des papiers d’identité en 1960.

Ainsi cette exposition étudie l’acte photographique. Les questions de droits d’auteurs ou du droit à l’image (qui s’oppose bien souvent à la liberté d’expression) sont profondément explorées autour de différentes affaires. En 1862 c’est le procès de Mayer et Pierson en France, en 1883 aux Etats-Unis, celui de Napoléon Sarony ; pour son Baiser de l’Hôtel de Ville, Doisneau dut essuyer plusieurs procès. Quand des millions sont à la clef, toutes les accusations sont bonnes ! Mais c’est dans les tribunaux finalement que la photographie fut définie comme une œuvre d’art originale, avec tous les privilèges qui en découlent. On suit donc aussi des affaires de droit de reproduction, d’accusation de faux dans des ventes publiques ou dans des musées.

Alors qu’on fait rimer photographier avec liberté, y a-t-il des limites à la création ? Quel message le photographe a voulu transmettre ? Quelle est sa démarche ? Est-ce une œuvre artistique, un document journalistique ou historique, une publicité ? Jusqu’où le photographe est-il impliqué ? L’image peut donc être un message politique comme celles de photographes communistes, d’autres de nazis, servant à la propagande. Des photos sont même modifiées, déviées, reprises à autre compte que le premier pour devenir mensonge, désinformation, outil de manipulation ! Le pouvoir appartient à celui qui contrôle l’image. Sur elle repose le poids d’un contexte historique, législatif ou éthique. On découvre dans cette exposition pourquoi elles seront dévaluées, critiquées, follement convoitées, rejetées et mise aux bans, interdites de publication. C’est peut-être tout cela qui fait justement leur valeur. En confrontant la photographie à son contexte historique, nous apprenons beaucoup sur cette société, les individus, la culture d’un temps passé mais aussi sur aujourd’hui.

Le cœur et l’esprit empruntent bien des chemins au fur et à mesure qu’on longe les murs. Le visiteur sourit devant certaines, recule face à d’autres, reste scotché ou fasciné devant de nouvelles. Les lois, les sensibilités, les convictions sont différentes et font que des personnalités ou des pays acceptent plus que d’autres certaines images. N’ayez donc pas peur de la controverse et rentrez dedans.

M.R.

mercredi 1 avril 2009


Aujourd'hui mercredi premier avril: visite de l'exposition "Controverses" à la BNF rue de Richelieu. Rendez-vous fut donné à 17h devant la bibliothèque. Nous pûmes admirer une exposition bien menée, intéressante, frappante!! un compte-rendu sera publié prochainement.

voici le logo de notre cercle chers amis, je vous prie de l'utiliser à bon escient et sans abus. Pour un usage public, nous vous saurions obligées de payer les droits d'auteur à L.B. , notre designer...